Assassin’s Creed : ce projet inédit dans l’Amérique post-esclavage a été discrètement abandonné

Assassin’s Creed : ce projet inédit dans l’Amérique post-esclavage a été discrètement abandonné

Un Assassin noir face au KKK : un projet avorté, jugé trop risqué

Selon plusieurs sources proches des développeurs (relayées notamment par des insiders de la communauté Ubisoft), le projet en question devait prendre place après la guerre de Sécession américaine, dans un Sud encore profondément marqué par l’esclavage et la violence raciale.

Le joueur y aurait incarné un ancien esclave devenu assassin, confronté à la montée du Ku Klux Klan, un groupe extrémiste tristement emblématique de cette époque. Le concept promettait une exploration puissante des luttes pour la liberté, l’identité et la justice dans une Amérique divisée.

Malgré son potentiel narratif fort, le jeu aurait été annulé en raison de tensions politiques aux États-Unis. Une décision qui soulève une question, surtout quand on se rappelle qu’Ubisoft a autrefois vanté le caractère « engagé » et « historique » de sa saga.


Un climat tendu après la controverse Yasuke dans AC Shadows

L’annulation survient peu après la controverse autour d’Assassin’s Creed Shadows, dans lequel Ubisoft a choisi d’inclure Yasuke, un samouraï africain ayant réellement existé, en tant que protagoniste jouable.

Si le choix a été salué par certains pour son originalité et sa fidélité historique partielle, il a aussi suscité une vague de critiques sur les réseaux sociaux, certains l’accusant de « forcer la diversité » ou de détourner la culture japonaise. Une partie du public a reproché au jeu de ne pas proposer un héros japonais unique, alors que d’autres voyaient cette inclusion comme une opportunité pédagogique et narrative forte.

Face à cette polarisation, Ubisoft aurait préféré éviter une nouvelle polémique raciale en mettant de côté un projet pourtant ambitieux et historiquement pertinent.


Une saga autrefois audacieuse devenue frileuse ?

Depuis ses débuts, la série Assassin’s Creed s’est illustrée par sa capacité à explorer des périodes historiques sensibles (la Révolution française, les croisades, l’indépendance américaine ou encore l’Égypte antique). Ces contextes ont toujours permis de questionner les notions de liberté, de rébellion et d’autorité.

Mais ces dernières années, Ubisoft semble adoucir son propos, préférant des récits plus « sécurisés », moins susceptibles de provoquer des débats. L’annulation de ce projet autour d’un assassin noir post-esclavage en est une illustration frappante.

Cette prudence éditoriale, dictée par la crainte de backlash sur les réseaux sociaux ou dans la presse, donne l’impression que la saga évite désormais les sujets brûlants, au détriment de sa pertinence historique et de sa richesse narrative.

Ubisoft avait déjà effleuré ce thème avec Assassin’s Creed III: Liberation, mettant en scène Aveline de Grandpré, une femme métisse dans la Nouvelle-Orléans du XVIIIe siècle. Mais le jeu, sorti sur PS Vita puis en version HD, n’avait pas eu l’ampleur d’un épisode principal. L’annulation de ce nouveau projet renforce donc l’idée que la diversité raciale reste un terrain miné pour Ubisoft, malgré un passé déjà jalonné d’approches audacieuses.


Ubisoft aurait-il dû aller au bout de ce projet ? Pensez-vous que la série Assassin’s Creed doit continuer à aborder des sujets sensibles comme l’esclavage ou la ségrégation raciale ? Ou faut-il éviter de mêler histoire et débat sociopolitique ? Partagez votre avis en commentaires.

Auteur Bertrand

Passionné par l’univers du gaming, je rédige des articles sur les jeux vidéo depuis plus de 2 ans. Actuellement, je gère la rubrique jeux vidéo du blog de Jeux.com, où je partage mon expérience avec une communauté de passionnés. Je traque les dernières tendances, les nouveautés et même les meilleurs souvenirs du rétro gaming pour informer et inspirer les lecteurs, qu’ils soient des joueurs occasionnels ou des hardcores gamers.