Les concurrents de Pokémon se multiplient ces dernières années. Entre Palworld, Temtem ou les Monster Hunter Stories, le genre du creature-collecting attire les studios du monde entier. Aniimo, développé par Pawprint Studio (Chine) et édité par Kingsglory, s’ajoute à cette liste avec une sortie prévue en 2026 sur Xbox, PC et mobile. Gratuit, ambitieux, techniquement abouti. Mais après plusieurs heures de bêta, un constat s’impose : le design des créatures Aniimo pose un vrai problème d’identité visuelle.
Un gameplay maîtrisé, une formule éprouvée
Difficile de reprocher à Aniimo son manque de contenu. Le titre reprend les codes des free-to-play modernes avec un monde ouvert nommé Idyll, des combats en temps réel et une mécanique originale baptisée « Twining ». Cette fusion entre le joueur et sa créature permet de prendre directement le contrôle d’un Aniimo pendant les affrontements.
L’influence de Pokémon Légendes : Arceus se ressent dans l’approche action-RPG. Les joueurs incarnent des Pathfinders, chercheurs affiliés à l’Institut Polaris, chargés d’explorer et de cataloguer les espèces. Une direction narrative rafraîchissante qui rappelle ce que beaucoup espéraient voir dans un jeu Pokémon depuis des années.


Le problème ne vient donc pas du gameplay. Aniimo a compris comment emprunter les bonnes idées à Genshin Impact, Breath of the Wild et à la licence de Game Freak. La formule fonctionne.
Le design des créatures Aniimo manque de personnalité
C’est ici que le bât blesse. Les créatures du jeu – malgré des systèmes d’évolution et de formes alternatives intéressants – souffrent d’un manque flagrant d’identité visuelle. Otti, la mascotte, Stellarys ou encore les Helmuts présentent un rendu trop lisse, trop uniforme, qui rappelle parfois une esthétique générée par intelligence artificielle.
Cette impression de « déjà-vu » est accentuée par la proximité stylistique avec d’autres titres asiatiques du genre. Lors de sa révélation en juin dernier, nombreux sont ceux qui ont cru voir une extension de Palworld plutôt qu’un jeu indépendant. Cette confusion n’est pas anodine : elle révèle une absence de signature artistique forte.

À titre de comparaison, chaque génération de Pokémon – même les plus critiquées – propose des créatures immédiatement reconnaissables. Leurs silhouettes, leurs palettes de couleurs et leurs inspirations restent cohérentes avec un univers construit depuis près de 30 ans.
Chez Aniimo, cette cohérence peine à émerger. Les designs semblent interchangeables avec ceux de DokeV, Palworld ou d’autres projets similaires. Résultat : aucune créature ne marque véritablement les esprits.
Un potentiel réel, mais un travail d’identité à accomplir
Le titre de Pawprint Studio n’est pas sans qualités. Le système de formes alternatives (Rainy Form, Snowfield Form) apporte de la profondeur. Les interactions entre espèces, certaines hostiles, d’autres solitaires, enrichissent l’exploration. La fonctionnalité Homeland, qui permet de construire une base avec ses Aniimo, promet également des heures de jeu.
Mais ces mécaniques ne suffisent pas à compenser le déficit émotionnel. Ce qui fait la force d’un jeu de collection, c’est l’attachement aux créatures. Sans designs mémorables, cet attachement reste superficiel.
Aniimo coche de nombreuses cases : gratuité, monde ouvert, combats dynamiques. Le studio chinois a étudié ses concurrents et propose un produit techniquement solide. Pourtant, le design des créatures Aniimo constitue son talon d’Achille. Tant que le jeu ne trouvera pas sa propre identité visuelle, il restera un clone sympathique sans véritable âme. Pokémon peut dormir tranquille.
Points clés à retenir
- Aniimo sortira en 2026 sur Xbox, PC et mobile en free-to-play
- Le gameplay s’inspire de Pokémon Légendes, Genshin Impact et Breath of the Wild
- La mécanique Twining permet de fusionner avec ses créatures pendant les combats
- Le design des créatures manque d’originalité et se confond avec d’autres titres du genre
- Pokémon conserve son avantage grâce à des créatures immédiatement reconnaissables
- Une deuxième bêta fermée est prévue début 2026
