Pragmata : le plaisir dans toutes les actions, le tout avec style

Test Pragmata complet
Capcom débarque sur la Lune avec une nouvelle licence qui mêle hacking, gunfights et émotion brute. Le résultat dépasse toutes les attentes.

Annoncé en 2020, repoussé à plusieurs reprises, Pragmata avait toutes les raisons de susciter la méfiance. Six ans de développement, des silences prolongés et un concept encore flou jusqu’à l’Xbox Games Showcase et le Summer Game Fest de juin 2025, où Capcom a enfin dévoilé les mécaniques de son TPS sci-fi. Aujourd’hui, le test de Pragmata confirme ce que la démo Sketchbook laissait entrevoir : Capcom tient un jeu remarquable, capable de rivaliser avec les meilleures sorties de l’année. Disponible depuis le 17 avril 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2, le titre affiche un 87 sur OpenCritic et une quasi-unanimité critique. Voici pourquoi.

Un duo qui porte toute l’aventure

Pragmata met en scène Hugh, un astronaute envoyé inspecter une station de recherche lunaire tombée dans le silence. Après un séisme qui décime son équipe, il est secouru par D-I-0336-7, une androïde à l’apparence d’une enfant qu’il rebaptise Diana. Ensemble, ils doivent traverser une installation contrôlée par une IA hostile pour tenter de regagner la Terre.

Hugh et Diana : une alchimie sincère

Hugh et Diana dans Pragmata

Ce qui frappe d’emblée, c’est la justesse de la relation entre les deux protagonistes. Diana est curieuse, vive, parfois naïve. Hugh adopte très vite une posture paternelle, lui racontant la vie sur Terre tandis qu’elle lui explique le fonctionnement de la Lune. Leurs échanges ne tombent jamais dans la mièvrerie. Capcom a fait le choix d’une écriture directe, sincère, qui ne cherche pas à intellectualiser l’émotion mais à la rendre palpable.

Ce lien se renforce au fil des épreuves. Les moments calmes, entre deux séquences d’action, permettent d’approfondir cette complicité sans la forcer. Là où beaucoup de « dad games » misent sur la culpabilité ou la tension parent-enfant, Pragmata prend le contre-pied : Hugh aime spontanément Diana, et cette bienveillance donne au récit une chaleur inhabituelle dans le genre.

Sans rien dévoiler, la dernière ligne droite de l’aventure monte en intensité de manière spectaculaire. Les enjeux narratifs culminent avec une séquence finale d’une rare puissance émotionnelle, qui met en résonance tous les thèmes abordés depuis le début : le transhumanisme, la solitude, la filiation. Ce dénouement reste longtemps en tête, bien après le générique.

Un gameplay à deux cerveaux

Le cœur de Pragmata repose sur une mécanique inédite : le hacking en temps réel. Hugh tire, esquive et se déplace comme dans un TPS classique. Mais les robots ennemis sont blindés et quasi-invulnérables aux balles conventionnelles. Pour les affaiblir, Diana pirate leurs systèmes via une grille holographique qui apparaît à l’écran dès que le joueur vise un ennemi.

Concrètement, il faut naviguer dans cette grille en utilisant les boutons de la manette tout en continuant à bouger et à tirer. Le jeu ne se met jamais en pause. Cette double sollicitation cérébrale — résoudre un puzzle logique d’un côté, gérer la menace physique de l’autre — crée une tension unique. Au fil de la progression, les grilles deviennent plus complexes, intègrent des nœuds bonus et des obstacles, exigeant une vraie réflexion tactique.

L’arsenal de Hugh se diversifie aussi considérablement. Aux classiques pistolets et fusils à pompe s’ajoutent des armes spécialisées comme le Riot Blaster, une sorte de lance-grenades tactique capable de révéler les ennemis camouflés. Chaque combinaison arme-hack ouvre des possibilités stratégiques qui rendent les affrontements réellement jouissifs.

Gameplay de Pragmata

Les boss constituent des moments forts de l’expérience. Titanesques, ils combinent des patterns d’attaque agressifs avec des phases de hacking sous pression, obligeant le joueur à maîtriser parfaitement la boucle de gameplay. Ces confrontations restent grisantes du début à la fin, chaque victoire procurant une satisfaction rarement atteinte dans le genre. La montée en puissance est progressive et bien calibrée, évitant les pics de frustration artificiels.

Un level design intelligent malgré ses contraintes

Pragmata assume pleinement sa linéarité. Les niveaux sont des couloirs interconnectés, ponctués d’arènes de combat et de quelques zones secrètes accessibles via des clés spéciales. Pas d’open world, pas de carte à dévoiler, pas de collectibles imposés.

Ce choix, résolument « old school », fonctionne parce que le level design sait contourner ses propres limites. Les environnements sont denses, variés visuellement — des coursives industrielles aux répliques artificielles de villes terrestres imprimées en 3D — et chaque section introduit de nouvelles configurations d’ennemis qui renouvellent l’approche tactique.

Capcom a d’ailleurs intégré une idée brillante dans sa direction artistique : les paysages urbains imprimés par l’IA de la station sont volontairement imparfaits, évoquant les artefacts de l’intelligence artificielle générative actuelle. Ce détail renforce l’atmosphère étrange et mélancolique de la station, entre simulacre de civilisation et vide spatial.

Design Pragmata

Le jeu se boucle en une trentaine d’heures, avec un mode Lunatic et un New Game+ débloqués après la première fin. Des zones de combat bonus (Red Gated Zones) et un simulateur d’entraînement prolongent aussi la durée de vie pour les joueurs les plus investis.

Là où Pragmata montre ses limites

Malgré ses qualités, le titre n’échappe pas à certains défauts. La structure reste très classique : avancer, hacker, éliminer, fouiller, passer au niveau suivant. Cette boucle, si satisfaisante soit-elle dans les premières heures, finit par devenir prévisible. Le jeu manque de variété dans ses phases d’exploration et de puzzle, se reposant presque exclusivement sur le hacking comme seule mécanique d’interaction avec l’environnement.

La difficulté de base est aussi trop accessible pour les habitués du genre. Les boss, aussi spectaculaires soient-ils, ne représentent pas un vrai défi avant le mode Lunatic. Ce calibrage grand public, assumé par Capcom, peut laisser sur leur faim les joueurs en quête de challenge dès la première partie.

Ce remplissage assez conventionnel entre les moments forts empêche Pragmata d’atteindre le statut de chef-d’œuvre absolu. Quelques puzzles supplémentaires ou des séquences de plateformes plus développées auraient pu rythmer davantage la progression.

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Un pari réussi pour Capcom

Avec Pragmata, Capcom prouve une nouvelle fois sa capacité à innover. Après les remakes de Resident Evil, la sortie de Monster Hunter Wilds et le récent Resident Evil Requiem (89 sur OpenCritic), l’éditeur japonais ajoute une franchise solide à son catalogue. Le jeu avait d’ailleurs fait forte impression dès sa présentation lors de la conférence Xbox du Summer Game Fest et du Capcom Spotlight, où la mécanique de hacking avait séduit la presse et les joueurs ayant pu tester la démo.

Le test de Pragmata révèle une production calibrée avec soin, portée par un gameplay inventif et un duo de personnages attachant. Ce n’est pas un jeu parfait, sa structure linéaire et sa difficulté modérée le rappellent, mais c’est un jeu qui sait exactement ce qu’il veut offrir et qui le fait avec une efficacité redoutable. Notre note : 18/20.


Points clés à retenir

  • Gameplay innovant : la mécanique de hacking en temps réel, combinée au TPS classique, crée une boucle de combat unique et constamment stimulante.
  • Duo attachant : la relation entre Hugh et Diana est le pilier émotionnel du jeu, portée par une écriture sincère et des moments de complicité réussis.
  • Boss spectaculaires : les affrontements titanesques constituent les temps forts de l’aventure, avec une montée en puissance maîtrisée.
  • Direction artistique soignée : les environnements lunaires, entre station industrielle et répliques urbaines artificielles, installent une atmosphère singulière.
  • Structure old school assumée : la linéarité et le remplissage classique freinent légèrement l’expérience, sans jamais la compromettre.
  • Difficulté modérée : le vrai challenge n’arrive qu’en mode Lunatic, après la première fin.
  • Disponibilité : sorti le 17 avril 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2, au prix de 59 €.

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Herve Atangana
Auteur Hervé
Rédacteur média et gamer dans l’âme, je navigue dans l’univers du journalisme digital depuis 9 ans. Passionné des pixels et des manettes, je copilote la rubrique jeux vidéo de jeux.com depuis 2 ans. Vous pourrez également retrouver mes articles sur opnminded, gamersblog et bien d'autres médias privés. Entre tests, actus et coups de cœur vidéoludiques, je partage ma vision du gaming avec enthousiasme et un brin de mauvaise foi assumée.