Le procureur général de l’État de Californie, Rob Bonta, a fait approuver le 6 février 2026 une nouvelle réglementation qui interdit de facto les jeux de type blackjack dans les cardrooms (salles de jeux de cartes commerciales), avec une entrée en vigueur fixée au 1er avril. L’industrie crie à l’injustice, prépare des poursuites judiciaires, et chiffre les dégâts à plusieurs centaines de millions de dollars.
Ce que dit concrètement la nouvelle réglementation
En Californie, les cardrooms ne peuvent pas légalement proposer des jeux où les joueurs affrontent directement le fournisseur. Pour contourner cette restriction, l’industrie avait mis en place depuis des décennies un système de « player-bankers » : des tiers professionnels (appelés TPPPPS, Third-Party Providers of Proposition Player Services) jouaient le rôle de banquier à la place de l’établissement.
Ce mécanisme permettait d’organiser des variantes de blackjack comme le Spanish 21.5 ou le Pure 21.5, mais aussi du baccarat et du pai gow. La nouvelle réglementation du Department of Justice (DOJ) estime que ces variantes fonctionnent en réalité comme des jeux de maison déguisés, et les interdit donc. Le poker, lui, reste épargné car les joueurs s’affrontent entre eux, sans banquier.
Les établissements ont jusqu’au 31 mai 2026 pour déclarer comment ils comptent adapter leurs activités.

Des chiffres qui donnent le vertige
L’impact financier projeté est massif. Selon une analyse économique commandée par l’État de Californie (réalisée par Berkeley Economic Advising and Research), les pertes pour les cardrooms pourraient atteindre environ 464 millions de dollars américains, soit approximativement 620 millions de dollars canadiens. Dans le même temps, les casinos tribaux pourraient engranger jusqu’à 232 millions USD de revenus supplémentaires.
Du côté des emplois, la California Gaming Association, qui représente 72 cardrooms, estime que près de 13 000 postes pourraient être supprimés dans un secteur qui emploie directement environ 20 000 personnes, et fait vivre quelque 10 000 prestataires externes.
Kyle Kirkland, président de l’association et directeur du Club One Casino à Fresno, résume la situation sans détour : « Si 60 % de mon activité disparaît ou est perturbée, je dois sérieusement réfléchir à ce que sera le futur de mon entreprise. »
La date du 1er avril approche. Les tables pourraient bientôt être vides. Et l’issue de ce bras de fer juridique pourrait redéfinir durablement l’offre de jeux de table dans l’un des États les plus peuplés des États-Unis.
Et vous, que pensez-vous de cette décision ? Est-ce une régulation légitime ou un coup porté aux cardrooms au profit des casinos tribaux ? Partagez votre avis en commentaire et transmettez cet article à vos amis joueurs.
