Embark Studios détaille son offensive contre la triche à 8 milliards $

ARC Raiders
Bannir 15 000 joueurs en une seule journée, forker un compilateur, déguiser Unreal Engine : le studio d'ARC Raiders a levé le voile sur trois ans de lutte méconnue.

Le 24 août 2026, à la devcom de Cologne, Embark Studios a exposé sa stratégie anti-triche avec une transparence rare. Tom van Dijck, ingénieur senior du studio, y a chiffré l’ampleur du problème : une industrie de la triche estimée à 8 milliards de dollars, avec des vendeurs organisés comme de vraies entreprises, support client inclus.

Selon van Dijck, l’époque du petit programme téléchargé est révolue. Les cheats assistés par intelligence artificielle capturent l’écran, repèrent les ennemis par leurs pixels et envoient des commandes via un périphérique externe. Le jeu lui-même n’est jamais modifié, ce qui rend la détection classique inopérante.

Le matériel aggrave le constat. Une carte Arduino à 5 ou 6 dollars peut se faire passer pour une souris et servir d’aimbot, tandis que les cartes DMA lisent la mémoire depuis un second PC, hors de portée du processeur.

De la protection des fichiers à l’analyse des données

Face à ce cat-and-mouse jugé intenable, Embark a changé d’axe. Le studio derrière THE FINALS et ARC Raiders collecte désormais environ 20 milliards d’événements de télémétrie par jour, dont 5 % servent à traquer les comportements impossibles : caméra qui tourne sans mouvement de souris, courbes de recul trop parfaites, visée à travers les murs.

Ce virage a transformé le recrutement. L’équipe, longtemps composée d’ingénieurs logiciels, embauche en priorité des data scientists, épaulés par Nexon, Anybrain et AWS. Résultat concret annoncé sur scène : 15 000 joueurs bannis le jour même de la conférence.

Un anti-cheat kernel maison en approche

Par ailleurs, Embark développe son propre anti-cheat kernel, testé depuis quelques semaines sur un petit groupe de THE FINALS et prévu pour un déploiement progressif durant la Saison 12. Van Dijck l’admet sans détour : la méthode est invasive, mais les cheats opèrent déjà à ce niveau, parfois avant même le chargement du système.

Le studio envisage aussi de rendre obligatoires Secure Boot et TPM 2.0, tout en maintenant le support de Linux et SteamOS sous conditions plus strictes.

Cette communication ouverte tranche avec le silence habituel du secteur. En documentant ses échecs comme ses avancées, Embark cherche autant à rassurer ses joueurs qu’à peser sur un rapport de force encore défavorable. La Saison 12 de THE FINALS servira de premier test grandeur nature.

Et vous, avez-vous croisé des tricheurs sur THE FINALS ou ARC Raiders ces dernières semaines ? Racontez votre expérience en commentaire.

Points clés à retenir

  • Tom van Dijck (Embark Studios) estime l’industrie de la triche à 8 milliards de dollars.
  • Les cheats par IA et matériel (Arduino, cartes DMA) échappent aux détections classiques.
  • Embark analyse 20 milliards d’événements de télémétrie par jour et recrute des data scientists.
  • 15 000 joueurs ont été bannis le jour de la conférence à la devcom.
  • Un anti-cheat kernel maison sera déployé progressivement pendant la Saison 12 de THE FINALS.

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Herve Atangana
Auteur Hervé
Rédacteur média et gamer dans l’âme, je navigue dans l’univers du journalisme digital depuis 9 ans. Passionné des pixels et des manettes, je copilote la rubrique jeux vidéo de jeux.com depuis 2 ans. Vous pourrez également retrouver mes articles sur opnminded, gamersblog et bien d'autres médias privés. Entre tests, actus et coups de cœur vidéoludiques, je partage ma vision du gaming avec enthousiasme et un brin de mauvaise foi assumée.
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