Depuis Medal of Honor en 1999, les jeux de guerre reviennent aux mêmes plages et aux mêmes ruines. The Defiant prend la direction inverse et installe sa campagne sur un terrain que le genre n’a presque jamais visité.
Le jeu se déroule pendant la guerre de résistance chinoise contre l’occupation japonaise. Le conflit avait commencé bien avant l’entrée en guerre de l’Europe, et il a coûté entre 15 et 20 millions de vies côté chinois, en majorité civiles.
Le studio Hoothanes assume cette lacune comme point de départ. Kong Yuheng, cofondateur et responsable du développement, a expliqué à Inven Global qu’il aimait les FPS de la Seconde Guerre mondiale mais qu’il n’en trouvait aucun consacré au front chinois. Il a monté sa société pour combler ce manque.
Fondée à Hangzhou en août 2023, l’entreprise réunit aujourd’hui environ 70 personnes. Son nom vient d’une expression chinoise que l’on traduit par « là où il y a oppression, il y a résistance ». L’édition est assurée par 4Divinity, filiale singapourienne du groupe GCL Global Holdings, coté au Nasdaq.
Quatre saisons, quatre récits : la structure qui distingue le jeu

La campagne ne suit pas un héros unique du début à la fin. Elle fonctionne comme une anthologie en quatre chapitres, chacun associé à une saison, à une région et à une unité différentes. Cette organisation change beaucoup de choses.
Le premier chapitre, Hiver, se joue dans les montagnes du nord-est, aux côtés de l’Armée unie antijaponaise du Nord-Est. Les combattants y opéraient par des températures pouvant descendre à moins 30 degrés, avec un armement très inférieur à celui de l’occupant.
Le deuxième chapitre, Printemps, bascule vers Shanghai en 1932. Vous n’y êtes plus un partisan retranché mais un agent clandestin, dans une progression faite d’infiltration, de renseignement et de résolution de situations plutôt que d’assauts frontaux.
Viennent ensuite Été, centré sur des affrontements en zone de canaux avec la résistance locale, puis Automne, dans les monts Taihang, où la huitième armée de route menait des opérations de sabotage. Chaque chapitre dure environ trois heures, pour un total annoncé de 12 à 15 heures.
Le journaliste Kyuman Kim, qui a pris le jeu en main à Shanghai, considère le chapitre shanghaïen comme le vrai test. Si le ton et le rythme s’y distinguent nettement du premier, la structure saisonnière deviendra autre chose qu’un simple changement de décor.
Un arsenal que vous n’avez jamais tenu dans un FPS occidental
Les armes constituent l’un des marqueurs les plus concrets de cette approche. L’équipe a écarté le catalogue habituel des jeux sur le front de l’Ouest pour reconstituer ce que les troupes chinoises portaient réellement, avec les limites matérielles que cela impliquait.
On y trouve le Hanyang Type 88, fusil produit en Chine à partir du Gewehr 88 allemand, le pistolet Mauser C96 et la mitraillette Bergmann MP18. S’y ajoutent l’Arisaka japonais et le Mosin-Nagant soviétique, récupérés ou fournis selon les unités.
Le développeur chargé de l’implémentation des armes a manipulé des armes réelles pendant son service militaire, et cette expérience se voit dans le détail. Un système d’inspection permet de faire pivoter chaque arme pour en observer les marquages, la construction et l’état de chargement.
Le traitement des décors suit la même logique. Quand les lieux existent encore, l’équipe s’est déplacée sur place et a utilisé la photogrammétrie sous Unreal Engine 5. Pour les bâtiments disparus, elle s’est appuyée sur des photographies et des ouvrages d’archives.

Toutefois, cette exigence documentaire s’arrête à un endroit précis, et c’est sans doute le point le plus discuté par ceux qui ont essayé le jeu. La balistique n’a pas suivi le même traitement que la modélisation.
The Defiant utilise un système hitscan : la balle touche à l’instant où vous tirez, sans temps de vol ni chute. Lors de la session de Shanghai, il était possible d’atteindre la cible la plus éloignée du stand de tir avec un simple pistolet.
Hoothanes justifie ce choix par la densité des combats rapprochés et par le rythme voulu pour une campagne narrative. La différenciation entre les armes passe donc par la dispersion, le recul et la perte de dégâts avec la distance, plutôt que par une simulation de trajectoire.
L’équipe indique que l’ajout d’une balistique réelle reste en discussion en interne. Le compromis est assumé : l’arme que vous tenez ressemble à une pièce d’histoire, la balle qu’elle tire se comporte comme celle d’un jeu d’action.
Ce que la prise en main a déjà mis en évidence
Par ailleurs, les premières sessions de test ont fait remonter des défauts précis, ce qui est plutôt bon signe à ce stade du développement. Une heure de jeu répartie sur cinq segments a suffi à cerner les forces et les points faibles.
Le maniement reste dans les conventions du genre : grenades, glissade, prise de couvert, séquences scriptées et actions contextuelles au corps à corps. Un joueur habitué aux campagnes solo modernes comprendra l’interface en quelques minutes.
Deux problèmes ont été signalés. Les tirs ennemis continuent parfois d’infliger des dégâts alors que vous êtes à couvert, et certaines séquences scriptées ne communiquent pas leurs règles, comme un tireur qu’aucune arme conventionnelle ne peut abattre.
Le studio a reconnu les deux points et affirme travailler dessus. La difficulté élevée du chapitre Hiver, elle, relève d’un choix assumé : reproduire la pression d’une unité en infériorité numérique et matérielle.
Sortie, plateformes et où l’essayer
Cependant, le calendrier reste la principale zone d’ombre. Le jeu a occupé une place notable à la gamescom 2026, sans que le studio ni son éditeur ne se soient engagés sur une fenêtre de lancement précise.
Un nouveau trailer a été diffusé le 25 août 2026 pendant l’Opening Night Live, avec des combats situés en 1942 près de la Grande Muraille. Une démo de 15 minutes est jouable à Cologne du 26 au 30 août, hall 7, stand B021, après une première présentation publique à la ChinaJoy de Shanghai.
Le jeu est prévu sur PC via Steam, PS5 et Xbox Series X|S, et sa fiche Steam est ouverte aux ajouts en liste de souhaits. Aucune date de sortie n’a été communiquée à ce jour.
Un mode coopératif PvE optionnel est également en préparation, totalement détaché de la campagne. Aucun multijoueur compétitif n’est prévu, ce qui situe clairement le projet du côté des expériences solo scénarisées.
Le surnom de « Call of Duty chinois » colle au jeu depuis sa révélation, et il est réducteur. Comme le note GamesHub, la comparaison décrit la forme mais rate le sujet. Pour le public francophone, dont les repères sur 1939-1945 restent centrés sur l’Europe, l’intérêt tient surtout à ce que le jeu montre d’un conflit rarement raconté. Reste à savoir si l’exécution suivra la promesse.
Et vous, ce front vous donne-t-il envie de reprendre un FPS historique, ou préférez-vous rester sur les théâtres que vous connaissez déjà ? Dites-nous en commentaire quel chapitre vous tenteriez en premier.
Crédit image à la une : 4Divinity
Points clés à retenir
- The Defiant est un FPS narratif solo développé par Hoothanes (Hangzhou, environ 70 personnes) et édité par 4Divinity.
- La campagne compte quatre chapitres saisonniers, de la Mandchourie enneigée au Shanghai clandestin de 1932, pour 12 à 15 heures de jeu.
- L’arsenal privilégie des armes rares dans le genre : Hanyang Type 88, Mauser C96, Bergmann MP18, Arisaka, Mosin-Nagant.
- Le tir fonctionne en hitscan, sans balistique réaliste, un choix assumé et encore débattu en interne.
- Une démo de 15 minutes est jouable à la gamescom 2026 jusqu’au 30 août, hall 7, stand B021.
- Sortie prévue sur PC, PS5 et Xbox Series X|S, sans date annoncée à ce jour.
