Metro 2039 ne sortira qu’en février 2027, mais nous avons pu y jouer une dizaine d’heures lors d’une session en avant-première. Après huit ans d’attente depuis Metro Exodus, la saga de 4A Games revient à Moscou. Et ce retour aux sources tient déjà ses promesses.
Avant d’entrer dans le détail, posons le contexte. Metro 2039 est le quatrième épisode principal de la série inspirée des romans de Dmitry Glukhovsky, et le premier depuis Metro Exodus, sorti en 2019 sur la génération précédente de consoles.
Entre les deux, seul Metro Awakening, un épisode dérivé en réalité virtuelle, a fait patienter les joueurs. Le studio a donc pris son temps, dans des conditions de développement compliquées par la guerre en Ukraine, pour repenser la suite de sa licence.
Le résultat se ressent dès les premières minutes. Là où Exodus emmenait Artyom et les Spartiates à travers la Russie, ce nouvel épisode nous ramène sous terre, dans les stations et les galeries du métro moscovite. Les espaces sont plus resserrés, plus étouffants, et chaque zone semble pensée au centimètre près.
Pendant nos dix heures de jeu, nous n’avons jamais décroché de cette ambiance de fin du monde. Les débris racontent le passage de ceux qui nous ont précédés, chaque porte cache potentiellement une réserve ou un danger, et le masque à gaz qui filtre notre vision renforce une sensation de claustrophobie permanente.
L’Étranger, un héros inédit et enfin doublé

Le changement le plus visible concerne le personnage principal. Pour la première fois dans un épisode canonique, nous n’incarnons plus Artyom. Ce choix marque une rupture nette avec quinze ans d’histoires centrées sur le même survivant.
Nous contrôlons désormais l’Étranger, un Ranger spartiate au passé trouble, rappelé dans les profondeurs de Moscou par des cauchemars violents qui le rongent. Ancien résident du métro parti en exil, il revient vers un endroit qu’il avait juré de ne plus revoir.
Autre première pour la série : ce protagoniste est entièrement doublé. Dans les jeux précédents, Artyom se limitait à des narrations pendant les écrans de chargement. Ici, l’Étranger parle, réagit et existe en tant que personnage à part entière, ce qui change la manière dont l’histoire se raconte.
Cette âme fracturée irrigue tout le ton du jeu. Sans rien dévoiler de l’intrigue, la session que nous avons jouée ne nous a livré aucun indice sur la suite des événements. Aucun secret n’a été éventé, et c’est une excellente nouvelle pour celles et ceux qui veulent découvrir le récit complet à la sortie.
Le Novoreich, une seule bannière sur le métro
Le second bouleversement touche l’équilibre des forces sous Moscou. Les habitués de la saga connaissent ses factions historiques : la Hansa et sa puissance commerciale, la Ligne rouge d’inspiration soviétique, et le Quatrième Reich et ses échos fascistes.
Dans Metro 2039, ces groupes rivaux se retrouvent réunis sous une même bannière : le Novoreich. Cette faction unifiée gouverne désormais les tunnels d’une main de fer et s’étend jusqu’à la surface, avec des installations militaires visibles dans les zones que nous avons parcourues.
À sa tête, le jeu place une figure bien connue des lecteurs de Glukhovsky : Hunter. Ce personnage est le déclencheur du tout premier récit, celui de Metro 2033, où il mettait Artyom sur la piste d’une menace pesant sur les survivants. Les romans le font réapparaître ensuite, mais les jeux ne l’avaient presque jamais convoqué.

Ce mélange fonctionne remarquablement bien. Les éléments les plus reconnaissables de la licence côtoient une évolution moderne qui explore, pour la première fois, un territoire narratif original par rapport aux livres. Les fans de la première heure y retrouveront leurs repères sans avoir l’impression de rejouer au même jeu.
Une immersion technique rarement atteinte
Sur le plan technique, la dernière version du moteur maison de 4A Games impressionne. Le paysage sonore, les effets météo, le pas qui s’enfonce dans la boue ou les particules d’une fusée éclairante composent un ensemble d’une densité peu commune.
Le cycle jour-nuit crée deux expériences distinctes. En journée, la surface reste dangereuse, entre mutants et bandits, mais la lumière offre un semblant de répit et encourage l’exploration des ruines de la capitale russe.
La nuit, en revanche, le jeu bascule dans autre chose. Des créatures difformes rôdent dans l’obscurité, profitent du noir pour fondre sur nous, et transforment chaque déplacement en épreuve nerveuse. Nous avons rarement ressenti une telle tension dans un jeu de tir récent.
4A Games avait annoncé l’épisode le plus sombre de la série, et la promesse est tenue. Sans trop en dire, nous avons croisé un sanctuaire dédié à des enfants disparus, une fosse commune oubliée dans un bunker, et des menaces plus difficiles à définir qui nous ont fait sursauter à plusieurs reprises.
Par ailleurs, les nouvelles mécaniques servent cette ambiance. Nous pouvons désormais forcer des portes, briser des cadenas et ouvrir des caches dissimulées, ce qui récompense la fouille des recoins les plus profonds. Le jeu pousse constamment à sortir des sentiers balisés pour explorer escaliers condamnés et galeries obscures.
Le combat, lui, reste fidèle à la série : lourd, percutant, avec des armes bricolées à entretenir et plusieurs styles de jeu viables, de l’infiltration à l’affrontement direct. Les ennemis humains se comportent avec plus de cohérence que jamais, et les mutants comptent parmi les plus réussis de la licence.
Gamescom 2026 : Metro 2039 au cœur des annonces
Ce hands-on s’inscrit dans une semaine chargée pour la licence à Cologne. Revenons sur les annonces les plus marquantes de la soirée d’ouverture, l’Opening Night Live du mardi 25 août, où le jeu s’est offert une place de choix.
4A Games y a diffusé une nouvelle bande-annonce de gameplay et confirmé la fenêtre de sortie : février 2027, sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series. Le calendrier a son symbole, puisque la sortie interviendra huit ans presque jour pour jour après celle de Metro Exodus.
La veille, le lundi 24 août, l’éditeur Deep Silver avait déjà levé le voile sur une édition collector accompagnée d’une réplique portable du casque spartiate de l’Étranger, exposée sur le stand du salon. Les précommandes ouvriront plus tard dans l’année.
Enfin, et c’est peut-être le geste le plus parlant, une démo jouable est proposée au public dans le hall 9.1 de la gamescom 2026 toute la semaine. Les visiteurs y découvrent une portion de la session que nous avons jouée. Ouvrir ainsi le jeu si loin de sa sortie témoigne d’une vraie confiance dans l’état actuel du projet.
Ce que cette preview ne dit pas encore
Restons honnêtes sur les limites de l’exercice. Dix heures ne suffisent pas à juger la durée de vie totale, la taille du monde au-delà des zones traversées, la rejouabilité ou la difficulté des séquences les plus exigeantes.
Cependant, tout ce que nous avons vu converge vers la même conclusion : cette production ressemble à la vision la plus fidèle de ce que Dmitry Glukhovsky a imaginé en écrivant ses romans. La reconstitution de ce Moscou irradié est glaçante, précise et cohérente de bout en bout.
Face à d’autres références du genre post-apocalyptique, comme Fallout ou STALKER, cet épisode place la barre très haut sur le terrain de l’atmosphère et du détail. Il nous tarde maintenant de découvrir la suite, et février 2027 semble soudain bien loin.
En attendant, la démo de Cologne et les prochaines communications de 4A Games devraient continuer d’alimenter les discussions. Une chose est sûre : la saga n’a jamais paru aussi maîtresse de son sujet.
Et vous, ce retour dans les tunnels de Moscou vous emballe-t-il, ou Metro Exodus vous avait-il donné le goût des grands espaces ? Dites-nous en commentaire quel épisode de la saga reste votre préféré et ce que vous attendez de février 2027.
Points clés à retenir
- Metro 2039 sort en février 2027 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series, huit ans après Metro Exodus.
- Nouveau protagoniste : l’Étranger, un Ranger spartiate au passé sombre, premier héros entièrement doublé de la série.
- Les factions historiques du métro sont unifiées sous le Novoreich, avec Hunter, figure des romans, en position centrale.
- Le jeu revient aux tunnels de Moscou avec un cycle jour-nuit marqué et une orientation horrifique assumée.
- Nouvelles mécaniques d’exploration : crochetage, portes à forcer et caches dissimulées récompensent la fouille.
- Une démo publique est jouable au hall 9.1 de la gamescom 2026, après une bande-annonce diffusée à l’Opening Night Live.
