Call of the Elder Gods arrive le 12 mai 2026 sur PC, PS5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch 2, avec une sortie day one dans le Xbox Game Pass. Développé par Out of the Blue Games et édité par Kwalee, ce puzzle-aventure narratif à la première personne reprend le flambeau de Call of the Sea, sorti en 2020, et s’en éloigne suffisamment pour exister par lui-même. Après plusieurs heures passées sur la démo et les chapitres d’aperçu, voici ce qu’il faut en retenir.
Un récit ancré dans Lovecraft, mais porté par ses personnages
L’action se déroule à la fin des années 1950, soit une trentaine d’années après les événements du premier opus. On quitte l’île isolée du Pacifique Sud pour un cadre radicalement différent : la Miskatonic University, ses bibliothèques poussiéreuses et ses secrets enfouis.
Deux personnages prennent le relais de Norah. Harry Everhart, professeur d’archéologie et mari de l’héroïne originale, tente d’ignorer les visions qui hantent son quotidien. De son côté, Evangeline Drayton, étudiante en ingénierie, fait des rêves récurrents mettant en scène un artefact découvert dix ans plus tôt. Leur rencontre déclenche une enquête qui les mènera du manoir familial de Nouvelle-Angleterre aux sables rouges de l’outback australien, en passant par des étendues glacées et des cités hors du temps.


L’inspiration revendiquée est The Shadow Out of Time de H.P. Lovecraft, et ça se sent. Le scénario mêle habilement deuil, liens familiaux et effritement de la raison, sans tomber dans le grand-guignol tentaculaire. Le ton oscille entre thriller psychologique et film d’aventure années 50, un mélange qui rappelle autant Indiana Jones qu’une campagne de jeu de rôle L’Appel de Cthulhu.
Le casting vocal n’est pas un détail. Yuri Lowenthal (Spider-Man dans la série Marvel’s, Arcane, Final Fantasy VII Rebirth) reprend le rôle de Harry, tandis que Cissy Jones (Firewatch, Starfield, Baldur’s Gate III) incarne Evangeline. Norah, la protagoniste du premier jeu, intervient en tant que narratrice, un choix qui crée un lien direct avec Call of the Sea tout en alimentant l’un des mystères centraux du récit. L’écriture s’appuie sur une narration introspective déclenchée par l’observation des objets, une mécanique héritée du premier opus.
Des puzzles plus ambitieux et mieux intégrés
Le cœur du gameplay reste identique à celui de Call of the Sea : exploration en vue subjective, collecte d’indices visuels et résolution d’énigmes environnementales. Aucun combat, aucune mécanique d’action, la progression repose entièrement sur l’observation et la déduction.
La nouveauté majeure est la possibilité de basculer entre Harry et Evangeline pour résoudre des problèmes complexes à travers le temps et l’espace. Certaines énigmes exigent de croiser les perspectives des deux personnages, ce qui ajoute une couche stratégique absente du premier jeu.
Out of the Blue a tiré les leçons des critiques adressées à Call of the Sea, dont certains puzzles étaient jugés trop obscurs. Ici, un système d’indices paramétrable permet d’activer ou de désactiver les aides contextuelles : icônes, annotations dans le journal, suggestions progressives. Rien n’est punitif : utiliser l’aide ne pénalise jamais la progression.

Pour les joueurs en quête de défi supplémentaire, les Livres Occultes disséminés dans les niveaux introduisent des énigmes bonus qui déforment la réalité. Ces puzzles optionnels s’adressent clairement aux amateurs de casse-têtes exigeants, dans la lignée directe de Myst et Riven, deux références que les développeurs revendiquent ouvertement.
D’après les retours sur la démo Steam, la courbe de difficulté reste cependant inégale. Certaines énigmes se résolvent de manière fluide et intuitive, tandis que d’autres manquent d’indices suffisants et poussent au tâtonnement. Le puzzle du livre, notamment, a divisé les joueurs. Le carnet de notes aide à garder le fil, mais ne compense pas toujours un manque ponctuel de lisibilité dans la logique attendue.
L’Unreal Engine 5 au service de l’atmosphère
Visuellement, le saut par rapport à Call of the Sea est considérable. L’Unreal Engine 5 permet des environnements d’une densité remarquable : lumières tamisées des bibliothèques, vastitude des déserts australiens, architectures impossibles des cités cosmiques. Chaque lieu raconte quelque chose avant même d’y interagir.
La bande originale d’Eduardo De La Iglesia, déjà compositeur du premier opus, accompagne parfaitement cette montée en puissance visuelle. La musique installe un malaise diffus sans jamais surcharger l’ambiance, un équilibre difficile à maintenir dans un jeu lovecraftien.
Le jeu exige Windows 11 64-bit, DirectX 11 et 25 Go d’espace disponible. Un SSD est recommandé pour les configurations minimales et recommandées, ce qui suggère un niveau de streaming d’assets assez soutenu.
Ce que la démo révèle, et ce qu’elle laisse en suspens
La démo, intitulée The First Chapter, couvre le prologue et le premier niveau. Elle a recueilli 93 % d’avis positifs sur Steam (95 évaluations), ce qui constitue un signal encourageant. Les joueurs saluent la direction artistique, la qualité de l’écriture et l’intégration naturelle des puzzles dans le récit.
Quelques réserves techniques ont été signalées : la vitesse de rotation des objets à la souris est trop lente par rapport au contrôle de la caméra, ce qui peut induire en erreur lors de l’inspection. Un point mineur, mais qui montre que le polish final reste crucial.
La possibilité de transférer sa sauvegarde de la démo vers le jeu complet est un ajout bienvenu. Elle incite à tester sans craindre de perdre sa progression. La présence de fins multiples et de choix narratifs enrichit le potentiel de rejouabilité, un reproche récurrent fait à Call of the Sea.
Verdict
Call of the Elder Gods s’annonce comme une suite mûrie, plus ambitieuse et visuellement supérieure à son prédécesseur. Le duo de protagonistes apporte une dynamique nouvelle, les puzzles gagnent en profondeur grâce au système de permutation, et l’écriture assume un ton plus sombre sans perdre l’humanité qui faisait le charme de Call of the Sea. Si Out of the Blue parvient à maintenir la qualité observée dans les premiers chapitres sur l’intégralité de l’aventure, et à corriger l’inégalité de certaines énigmes, le studio pourrait bien signer l’un des meilleurs puzzle-aventure narratifs de 2026.
Points forts et points faibles
| Points forts ✅ | Points faibles ❌ |
|---|---|
| Direction artistique magnifiée par l’Unreal Engine 5 | Difficulté des puzzles parfois inégale |
| Doublage exceptionnel (Yuri Lowenthal, Cissy Jones) | Contrôles de rotation d’objets à affiner |
| Système de double protagoniste enrichissant | Rythme potentiellement lent pour les non-initiés |
| Difficulté paramétrable sans pénalité | Pas de rejouabilité immédiate en dehors des fins multiples |
| Narration lovecraftienne mature et nuancée | Certaines énigmes manquent de lisibilité |
| Day one sur Xbox Game Pass |
Note finale : 8/10
Un puzzle-aventure atmosphérique et soigné, porté par un récit captivant et une réalisation de haut niveau. Quelques aspérités dans le game design des énigmes empêchent d’atteindre l’excellence, mais l’ensemble reste une expérience à ne pas manquer pour les amateurs du genre.
Points clés à retenir
- Call of the Elder Gods sort le 12 mai 2026 sur PC, PS5, Xbox Series X|S et Switch 2, avec un lancement day one sur le Xbox Game Pass.
- Suite directe de Call of the Sea (2020), le jeu se déroule 30 ans plus tard et propose deux protagonistes jouables : Harry Everhart et Evangeline Drayton.
- Le gameplay repose sur l’exploration en vue subjective et la résolution d’énigmes environnementales, sans aucun combat.
- L’Unreal Engine 5 offre des environnements variés et visuellement impressionnants, de la Nouvelle-Angleterre à l’outback australien.
- La démo a obtenu 93 % d’avis positifs sur Steam, avec des retours très favorables sur la narration et la direction artistique.
- Le système de difficulté modulable et les Livres Occultes optionnels permettent d’adapter l’expérience à tous les profils de joueurs.
- Le jeu propose des fins multiples et un transfert de sauvegarde depuis la démo.
