Zelda Ocarina of Time: le remake peut-il égaler le jeu le mieux noté de l’histoire ?

Link enfant qui extrait l'épée dans Ocarina of Time remake
Une mélodie fredonnée devant la console, une plaine d'Hyrule traversée d'une traite, Navi qui parle enfin. Vingt-huit ans plus tard, Nintendo touche au mythe sans le trahir.

Il suffit de quelques notes pour que tout revienne. La berceuse de Zelda, le galop d’Épona, le premier regard sur le château depuis la plaine. Sauf qu’en 2026, ces souvenirs ont changé de visage.

Le remake de Zelda Ocarina of Time sort ce 5 novembre 2026, en exclusivité sur Switch 2. La question qui accompagne ce test est simple, et terriblement ambitieuse. Peut-on refaire le jeu qui trône depuis 1998 au sommet de Metacritic?

Un monument qui porte un poids écrasant

Avant de juger le remake, il faut mesurer ce qu’il affronte. Depuis près de trois décennies, Ocarina of Time occupe seul le sommet du classement historique de Metacritic avec une note de 99. Il détient d’ailleurs un record Guinness, celui du seul jeu vidéo à avoir atteint cette note sur le site.

Ce record n’est pourtant pas intouchable sur le plan symbolique. Une enquête de la chaîne Did You Know Gaming estime que le calcul serait erroné, et qu’en appliquant les règles de Metacritic, la note devrait plutôt atteindre 98. Le débat reste ouvert, mais il rappelle à quel point ce chiffre fait partie de la légende.

Par ailleurs, le jeu a déjà connu plusieurs vies. La version 3DS de 2011 affichait 94 sur Metacritic, avec des graphismes retouchés et une quête Master Quest en miroir. Quant au remake de Link’s Awakening sur Switch, il s’était stabilisé à 87, preuve qu’une reconstruction fidèle ne garantit pas le même accueil critique que l’original.

Cette fois, Nintendo va beaucoup plus loin qu’un lifting. Eiji Aonuma l’a clairement qualifié de remake, et le projet a été confié à l’équipe interne de la série chez Nintendo EPD.

Ce que le remake change vraiment, manette en main

Dès les premières minutes dans la forêt Kokiri, la différence saute aux yeux et aux oreilles. Les décors ont été entièrement redessinés, la musique réenregistrée avec un orchestre symphonique, et le rythme de l’aventure modernisé sans toucher à sa structure.

C’est le changement le plus sensible pour les vétérans. Le remake ajoute un bouton de saut, ainsi qu’un sprint qui se déclenche après une roulade, sans jauge d’endurance visible. À cela s’ajoutent une caméra libre à 360 degrés, une sélection rapide de l’inventaire et la visée au gyroscope pour le lance-pierre ou l’arc.

Concrètement, traverser la plaine d’Hyrule ne ressemble plus à une corvée. Les donjons, eux, gardent leur logique d’origine, et c’est là que le remake montre son intelligence. Les énigmes restent les mêmes, mais on les lit mieux, et l’on se perd moins dans les angles morts de la caméra de 1998.

Ensuite, la plus grande rupture tient dans le son. Ni la version Nintendo 64 ni la version 3DS n’avaient de dialogues parlés, seulement des cris et des onomatopées. Le remake propose cette fois des cinématiques doublées en français, avec des dialogues enrichis.

Rassurez-vous sur un point. Link reste muet, fidèle à la série. Les voix donnent surtout de l’épaisseur à Zelda, Ganondorf et aux Sages, sans dénaturer le silence du héros qui permet au joueur de s’y projeter.

L’ocarina se joue à la voix

Link enfant qui joue à l'ocarina

C’est la trouvaille la plus réjouissante du remake. Les mélodies peuvent être fredonnées dans le micro de la Switch 2, et l’on peut même jouer d’un véritable ocarina devant la console. Les combinaisons de boutons restent disponibles pour ceux qui jouent dans le train ou tard le soir.

Fredonner le Chant du Temps devant le Temple pour ouvrir la porte du Saint Royaume procure une émotion difficile à décrire. C’est un gadget, certes, mais un gadget qui touche juste.

Pour les nouveaux venus, Nintendo a pensé au fil conducteur. Le principal ajout s’appelle les Fils du Temps, un journal de quêtes présenté sous la forme d’une tapisserie. Il rappelle l’histoire et l’objectif suivant, ce qui aide beaucoup quand on reprend la partie après plusieurs jours.

En outre, le Bourg d’Hyrule a été agrandi, avec de nouveaux mini-jeux et dialogues, et le temps passe désormais partout, ville comprise. Les vétérans pourront ignorer le journal, mais ce nouveau Bourg mérite qu’on s’y attarde.

Technique, prix et accueil critique, le verdict sur Switch 2

Si le contenu convainc, la technique appelle davantage de nuance. Le remake vise la fluidité avant tout, et ce choix a un coût visible.

1080p, 60 images par seconde et l’absence du DLSS

Côté performances, le jeu affiche un rendu 1080p à 60 images par seconde, ce qui représente un vrai saut par rapport aux 30 images par seconde de Breath of the Wild sur la première Switch. La polémique porte ailleurs. Dans le menu des mentions de propriété intellectuelle, AMD FSR 1.0 et SMAA figurent parmi les technologies tierces utilisées, ce qui suggère que le remake se passe totalement du DLSS.

Sur un grand téléviseur, l’image paraît parfois trop accentuée, surtout sur les contours des personnages. Digital Foundry regrette à nouveau l’absence du DLSS dans les jeux internes de Nintendo sur Switch 2, une technologie qui aurait pu corriger ces défauts de qualité d’image. En mode portable, en revanche, le problème se fait beaucoup plus discret.

Prix et éditions

Côté tarif, Nintendo reste raisonnable pour une exclusivité de cette envergure. Le remake coûte 59,99 € en version numérique et 69,99 € en version physique, avec une jaquette métallique pour le premier tirage. En Amérique du Nord, le jeu est vendu 59,99 $ US en numérique et 69,99 $ US en boîte.

À noter aussi pour les curieux, la version Nintendo 64 d’origine reste jouable sur Switch et Switch 2 via l’abonnement Nintendo Switch Online avec Pack additionnel, ce qui permet de comparer les deux versions sans dépenser davantage.

Un accueil qui s’annonce brillant

Les premiers verdicts tombent à la veille de la sortie. Le magazine japonais Famitsu lui a attribué 9, 9, 9 et 10, soit une note globale de 37 sur 40. Sur la page Metacritic du remake, le Metascore n’est pas encore calculé, mais les impressions de prise en main publiées en octobre se montrent unanimement enthousiastes.

Pour suivre les annonces officielles, le site de Nintendo reste la référence. Les pronostics de la presse spécialisée tournent autour de 95, ce qui placerait le remake très haut, sans pour autant détrôner l’original.

Points forts et points faibles

Les points forts

  • Une fidélité exemplaire aux donjons et aux énigmes de 1998
  • Le saut, le sprint et la caméra libre, qui modernisent la prise en main
  • Des cinématiques doublées en français, une première pour ce Zelda
  • L’ocarina joué à la voix, aussi drôle que touchant
  • Une bande-son orchestrale de grande qualité
  • Un rendu fluide à 60 images par seconde

Les points faibles

  • L’absence du DLSS, qui laisse une image parfois trop accentuée sur téléviseur
  • Une approche prudente qui ne réinvente pas la structure du jeu
  • Un écart de 10 € entre les versions numérique et physique

Notre note

9/10. Ce remake ne remplace pas le souvenir de 1998, et ce n’est pas son ambition. Il offre en revanche la meilleure façon de découvrir ou de redécouvrir Ocarina of Time aujourd’hui, avec un respect rare pour l’œuvre d’origine.

Alors, ce remake de Zelda Ocarina of Time peut-il égaler le jeu le mieux noté de l’histoire? Probablement pas dans les chiffres, car la note de 99 tient autant de l’époque que du jeu lui-même. Pourtant, sur le fond, cette version modernise tout ce qui avait vieilli sans abîmer ce qui faisait la magie. La vraie victoire de Nintendo est peut-être là, offrir à toute une génération le choc ressenti en 1998.

Et vous, allez-vous fredonner la berceuse de Zelda dans le micro de votre Switch 2, ou préférez-vous garder le souvenir intact de la version Nintendo 64? Dites-nous en commentaire si ce remake peut, selon vous, décrocher la note parfaite.

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Herve Atangana
Hervé Atangana

Rédacteur RPG Xbox & PlayStation

Journaliste gaming depuis plus de 10 ans, passionné par les RPG en monde ouvert et les jeux d'action-aventure, je passe autant de temps à explorer des univers virtuels qu'à écrire sur eux. Sur jeux.com et d'autres médias spécialisés, je partage mes analyses, mes découvertes et mes coups de cœur sans jamais cacher mon amour du gaming.
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