Depuis l’annonce de Sony le 1er juillet 2026, la fin des supports physiques sur PlayStation alimente surtout les critiques. Un ancien de Square Enix propose pourtant une lecture différente : selon lui, le passage au tout numérique pourrait faire baisser les prix sur le PS Store. Voici son raisonnement, et ses limites.
Jacob Navok a dirigé le développement commercial de Square Enix avant de prendre la tête de Genvid. Dans une série de messages publiés sur X à la mi-août, il défend une idée simple : ce sont les éditeurs qui fixent les prix sur les boutiques numériques, pas les plateformes.
Par conséquent, la rivalité entre Steam et l’Epic Games Store joue surtout sur les commissions reversées aux studios, rarement sur le tarif payé par le joueur. La baisse des prix vient d’ailleurs : de la concurrence entre les jeux eux-mêmes, présents sur une même boutique.
L’exemple de Final Fantasy 16 sur Steam
Pour appuyer sa démonstration, Navok partage un graphique du prix plancher de Final Fantasy 16 sur Steam. La courbe descend régulièrement, chaque nouvelle sortie exerçant une pression sur les titres plus anciens.
Il prédit le même mouvement côté Sony : plus le PS Store deviendra exclusivement numérique, plus les promotions et la tarification dynamique à la Steam s’y multiplieront. Face aux réactions, il a précisé sa pensée : il n’annonce pas la baisse d’un jeu en particulier, mais un élargissement du spectre de prix, avec davantage de titres à 40 ou 50 dollars qu’à 80.
Toutefois, plusieurs observateurs restent prudents. Environ 82 % des ventes de jeux PS4 et PS5 sont déjà numériques, sans que les tarifs du PS Store n’aient suivi la trajectoire de Steam. La culture des soldes agressives n’a jamais vraiment gagné le PSN, ni l’eShop de Nintendo.
Par ailleurs, des recours en justice visent déjà la position dominante de la boutique de Sony, et le constructeur avait retiré les codes numériques des magasins dès 2019. Certains joueurs redoutent donc l’effet inverse : un marché verrouillé, sans alternative physique ni droit de revente.
Un calendrier qui ne bougera pas
En attendant, Sony maintient son cap. Les disques disparaîtront pour toutes les nouveautés, titres tiers compris, à partir de janvier 2028, et un avertissement figure désormais dans les boîtes des PS5 équipées d’un lecteur. Les jeux physiques achetés avant cette date resteront lisibles.
La prédiction de Navok ne se vérifiera donc qu’après l’échéance. Si la concurrence entre éditeurs fonctionne comme sur Steam, les joueurs PlayStation pourraient y gagner sur la facture. Mais entre théorie économique et pratique du PS Store, l’écart reste à mesurer, et la question de la propriété numérique, elle, demeure entière.
Points clés à retenir
- Jacob Navok, ex-Square Enix et PDG de Genvid, prédit des prix en baisse sur le PS Store après la fin des disques.
- Selon lui, ce sont les éditeurs qui fixent les prix numériques, et leur concurrence directe tire les tarifs vers le bas.
- Le prix plancher de Final Fantasy 16 sur Steam, en baisse continue, sert d’exemple à sa démonstration.
- Il anticipe un spectre de prix élargi, avec plus de jeux à 40-50 $, plutôt qu’une baisse uniforme.
- Limite majeure : 82 % des ventes PlayStation sont déjà numériques, sans effet visible sur les prix à ce jour.
- Sony confirme la fin des disques pour les nouveautés en janvier 2028, éditeurs tiers inclus.
