Pour l’ancien patron de PlayStation, la fin des disques physiques n’est pas un problème majeur

Un ancien dirigeant de PlayStation défend le tout numérique avec un raisonnement simple. Les données du collectif qui organise le boycott de la semaine prochaine racontent une autre histoire.

Shuhei Yoshida a quitté Sony début 2025, mais sa parole compte encore. Interrogé par GamerBraves, l’ancien président des Worldwide Studios de PlayStation dit ne pas saisir pourquoi la fin des disques physiques provoque autant de crispation. Son raisonnement tient en une phrase, et les relevés disponibles le contredisent déjà en partie.

L’entretien, publié le 18 août 2026, ne relève en rien de la communication officielle. Yoshida précise d’emblée qu’il ignorait le projet et se décrit comme un joueur entièrement numérique, peu enclin à manipuler ou changer des galettes. Son argument central porte sur le contenu réel des boîtes : un jeu sur disque exige de toute façon des correctifs, des DLC ou des mises à jour, ce qui réduit selon lui l’écart avec un achat dématérialisé.

Les données de DoesItPlay contredisent en partie cet argument

Cette lecture se heurte toutefois à un relevé précis. Le collectif de préservation DoesItPlay teste le fonctionnement hors ligne des jeux vendus en boîte et leur dépendance aux téléchargements.Sur 3 527 titres physiques testés, 73 % démarrent sans aucun téléchargement supplémentaire. Seuls 10 % imposent vraiment un contenu à récupérer ou souffrent de bugs rendant la partie difficilement terminable sans patch.

Yoshida ne balaie pas toutes les objections. Il reconnaît que la disparition du support pénalisera le marché de l’occasion, un point sensible sur le marché français, où la reprise en magasin reste un réflexe d’achat courant.

Par ailleurs, il mise pour les collectionneurs sur des éditions physiques contenant un code, sur le modèle retenu par GTA 6, et renvoie les acheteurs attentifs au budget vers les promotions plutôt que vers les rayons.

Un calendrier qui tombe en pleine contestation

L’entretien arrive à trois jours d’une action coordonnée. DoesItPlay appelle au #PSBlackout du 23 au 30 août 2026 : aucune connexion, aucune session de jeu, aucun achat lié aux plateformes PlayStation.

Sony, cependant, n’a pas bougé. Le 31 juillet, la directrice financière Lin Tao a reconnu des avis tranchés dans la communauté tout en n’anticipant aucun effet négatif, 82 % des ventes de jeux PS4 et PS5 du trimestre clos fin juin étant déjà dématérialisées.L’échéance reste fixée à janvier 2028 pour les nouveautés, sans rétroactivité sur les titres déjà pressés.

La sortie de Yoshida éclaire surtout un décalage : les usages basculent plus vite que le sentiment de propriété. Le vrai test portera sur les garanties que Sony proposera en matière de revente, de don et de préservation. Ces trois points restent aujourd’hui sans réponse précise.

Points clés à retenir

  • Yoshida n’est plus chez Sony depuis début 2025 et affirme n’avoir pas été informé de la décision.
  • Son argument repose sur les patchs obligatoires, mais 73 % des jeux physiques testés par DoesItPlay fonctionnent sans téléchargement.
  • Il concède un impact réel sur la revente et l’achat d’occasion.
  • Le boycott #PSBlackout se tient du 23 au 30 août 2026.
  • Sony maintient l’arrêt de la production de disques en janvier 2028, sans effet sur les jeux déjà sortis.
  • Les éditions collector devraient survivre sous forme de boîtier avec code de téléchargement.

Partagez maintenant !

Herve Atangana
Auteur Hervé
Rédacteur média et gamer dans l’âme, je navigue dans l’univers du journalisme digital depuis 9 ans. Passionné des pixels et des manettes, je copilote la rubrique jeux vidéo de jeux.com depuis 2 ans. Vous pourrez également retrouver mes articles sur opnminded, gamersblog et bien d'autres médias privés. Entre tests, actus et coups de cœur vidéoludiques, je partage ma vision du gaming avec enthousiasme et un brin de mauvaise foi assumée.
Scroll to Top