Le journal officiel japonais a publié ce 2 novembre l’avis de dissolution de Nagoshi Studio, voté par ses actionnaires le 31 octobre. La société fondée par le père de la série Yakuza entre en liquidation sans avoir commercialisé le moindre jeu. Reste à savoir ce qu’il adviendra de Gang of Dragon, son seul projet annoncé.
L’avis paru dans le Kanpo, le journal officiel du gouvernement japonais, invite les créanciers à déclarer leurs créances pendant la liquidation. Il s’agit d’une dissolution volontaire, et non d’une faillite. Autrement dit, les actionnaires ont décidé de fermer l’entreprise, ce qui ne prouve pas qu’elle était insolvable.
Pour rappel, Toshihiro Nagoshi avait créé le studio à Tokyo en novembre 2021 grâce au financement de NetEase. Il venait alors de quitter Sega et Ryu Ga Gotoku Studio, l’équipe qu’il dirigeait depuis les débuts de Yakuza.
Comment Nagoshi Studio en est arrivé là ?
Le lancement avait pourtant été soigné. Gang of Dragon a été dévoilé aux Game Awards en décembre 2025, avec le quartier de Kabukicho pour décor et l’acteur coréen Ma Dong-seok, vu dans Dernier train pour Busan, en tête d’affiche. Ce jeu d’action à la troisième personne devait mêler combats à mains nues, sabres, armes à feu et séquences en véhicule.
Dès mars 2026, cependant, une enquête de Bloomberg indiquait que NetEase cesserait de financer le projet en mai. Selon le média américain, il manquait au moins 7 milliards de yens pour terminer le jeu, et Toshihiro Nagoshi cherchait d’autres investisseurs. En avril, le studio a ensuite retiré sa chaîne YouTube et ses bandes-annonces.
Les départs se sont par ailleurs multipliés. D’après Automaton, au moins sept membres de l’équipe, dont plusieurs responsables, avaient rejoint Capcom, LightSpeed Japan ou d’autres sociétés dès la fin mai. JeuxActu relevait aussi que la biographie de Toshihiro Nagoshi affichait déjà la mention « ex-Nagoshi Studios ».
Et Gang of Dragon dans tout ça ?
À ce stade, aucune annonce officielle ne confirme l’annulation du jeu, ni sa reprise par un autre éditeur. Certains sites anglophones le présentent déjà comme abandonné, mais l’avis de dissolution ne dit rien du sort du projet. La prudence reste donc de mise.
Ce flou tranche avec la santé de la licence que Nagoshi a créée. Lancée sur PS2 en 2005, la saga Yakuza se poursuit chez Sega sous le nom Like a Dragon, et Yakuza: Like a Dragon a quitté le catalogue PS Plus le 20 octobre.
Un automne 2026 difficile, même pour les grands studios
Cette dissolution s’ajoute à un mois d’octobre déjà lourd pour l’industrie. EA a fermé BioWare le 21 octobre, le studio d’Edmonton à l’origine de Mass Effect, dans une restructuration touchant environ 400 postes. Cinq jours plus tard, Sucker Punch se séparait de 24 personnes malgré le succès de Ghost of Yōtei.
Warhorse, en revanche, n’a annoncé aucun licenciement. Le studio tchèque de Kingdom Come Deliverance a confirmé le 27 octobre avoir subi une cyberattaque, tandis que plusieurs de ses responsables sont partis chez CD Projekt Red ces derniers mois. Selon le traqueur ASGC, près de 11 000 suppressions de postes avaient été recensées dans le jeu vidéo à la mi-octobre 2026.
La fin de Nagoshi Studio rappelle qu’une signature célèbre ne garantit plus le financement d’un projet ambitieux lorsque l’investisseur principal se retire. Le cas illustre aussi le recul de NetEase sur ses studios hors de Chine. La suite dépendra désormais des choix de Toshihiro Nagoshi, et d’un éventuel repreneur prêt à relancer Gang of Dragon.
Et vous, aimeriez-vous qu’un éditeur reprenne Gang of Dragon, ou votre attention se porte-t-elle surtout sur le prochain Like a Dragon de Ryu Ga Gotoku ? Dites-le-nous en commentaire.
Crédit image à la une : Nagoshi Studio
